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Dates des expositions Réflexions Revue de presse Stages et cours Contact Liens« Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise peinture, elle est sincère ou pas, le reste... »
L'abstration n'a guère de sens pour moi... Lorsque l'on me pose ce genre de question : quel est votre style, abstrait ou figuratif? je réponds les deux ! Cela dépend de l'endroit où vous posez l'oeil ! Un carré de ciel est un abstrait bleu, l'oiseau lui donne son "sens". Un livre, c'est très concret, mais si lon lui enlève la couverture il devient moins classable, puis l'on ôte un chapitre, alors le livre devient etrange, suréaliste, puis de chapitres en chapitres, l'on ôte de sa substance à l'oeuvre jusqu à la phrase, puis au mot et au final il reste la lettre..Abstraction du langage. Et puis l'on peut pousser jusqu'à l'inter lettre(le blanc), cela en littérature n'a guère d intêret. Il en va ainsi dans le domaine de la musique, et l'on loue non pas le blanc mais le roman ou la symphonie (milliers de touches composant un tout vibrant d émotions). Le paradoxe c'est qu'en peinture, on loue bien souvent l'abscence .......l'on encense le rien, l'on snobe le 'tout', la concrétisation de la symphonie des "notes de couleurs" comme si l'on préférait la clef de sol à la partition. Certains préfèrent s'extasier sur l'absence de pensée que peut posséder un tableau dit contemporain. Attention : je ne cache pas mon admiration devant Francis Bacon, par exemple ou Pollock. Mais, l'on ne devrait pas refuser à la peinture ce que l'on recherche en littérature, musique ou cinéma : la possible admiration pour une oeuvre aboutie. Bref, un tableau à la portée du plus grand nombre. Le peintre devrait comme le philosophe antique avoir le souci d'être le plus immédiatement compréhensible sans ôter les milliers d interrogations et d interprétations possibles que l'on peut avoir d un "simple tableau représentant un paysage".
Je vis...
Je vis Là où vous ne faites que passer Je ne vis pas dans un lieu de rêve Je suis dans le pays des secondaires Dans un pays où, Pour vous, l’on entretient l’apparence des traditions Jusqu’à la caricature… Les ronds-points sont des îles N’y voit-on pas des chalutiers Des penty et des goélands de bois !? Je vis là où commence le Bleu Là où est le sable Blanc Parfois souillé par des marées Noires Que nous « effaçons » Pour que vous gardiez de ces côtes une belle idée Nous tentons de sauver des oiseaux mazoutés Pennes perdus Nous aimerions nous occuper du corps Sans âme, des ces pétroliers fous Désespérance totale Par essence. Je vis là où les ports de vie disparaissent au profit du triste clinquant Je vis là où le touriste n’entend plus l'homme de la rue, perché sur son balcon Face à la mer Qu’ainsi il domine Payer une fortune pour écraser le passant et Défier l’océan En toute quiétude Ce n’est finalement pas cher payé. Je vis là où la vierge dune recule Où l’authentique n’est plus qu’un parc D’Armor hic Où l’antique est parqué Saviez-vous que les menhirs ne sont plus en liberté Pour vous… Et le mieux, le ‘must’ : Une « cité » de la voile !!! Quelle idée ! Pourquoi pas Un attrape-aventure Un brise-marin Un hangar à démesure Entrez dans le manège renversant Des scénographes brisant les rêves écumés. Venez, urbanisés, chartés, écocitoyens castrés Venez Un instant Sentir à travers le plexiglass Le grand frisson de l’aventure en conserve Venez Venez Tentez d’imaginer un temps Où la tyrannie bien pensante ne faisait pas la loi Où les bobos ne suçaient que leurs pouces et N’imposaient pas leurs lois de citoyens frustrés Néo-philosophes Aidants du ‘bout du monde’ Laissant leur ruralité dans un oubli Dédaigneux… Ces gens-là non plus je ne les aime pas... Ils ont remplacé mes philosophes de comptoir Mes sages champêtres Là aussi il y avait des cons Mais sans prétention Et avec de la démesure. Adieu mes grandes gueules de Concarneau Mes fantômes de Camaret Mes errants des rades de Lorient Mes soiffards de Recouvrance Vous avez fait ma joie Et vous avez fait certaines de mes peines Vous n’êtes pour rien à ma douleur Ma Bretagne souffre Celle des marins Des dockers Celle de Tabarly Que je croisais à Port La Forêt Celle de Glenmore que je croisais à Bannalec Celle des anonymes brillants ou cons Jamais Totalement A l’ouest ! Je vis dans un pays de cocagne Pour des usurpateurs d’identité Car puisque depuis peu l’on reconnaît Qu’il faut d’abord être de quelque part Pour être quelqu’un Parisien un jour, bohême et macadam Vosgien au grand méchant look L’on vient chez les ploucs L’air à rien Et, alors l’on s’invente une Histoire d’amour Avec cette terre de Granit, de tourbe et d’eauL’on s’intronise breton ! Ca a d’ la gueule ! Je vis à l’ouest où souffle le vent… Celui de la réussite semble t-il pour certains Qui retrouvent soudain de biens étranges racines Et transforment ces souvenirs souvent tirés d’une autre vie En un livre d’aquarelle : Une vieille tante à La Baule Du camping dans le GolfeTout est ici prétexte à l’émotion de papiers Accumulant clichés sur clochers L’on a même l’air d’une fée Du lutrin au lutin… Ou bien L’on transforme son arrogance en noble fierté Sa suffisance en fausse pudeur Et l’on invite ses potes parmi les bouseux Certains ici en sont heureux « Ils sont d’ailleurs et ils nous aiment » Alléluia … Comprenne qui pourra Mais c’est sur ces gens qu’il devrait toujours pleuvoir si j’en crois Kerzauson Tiens, un vrai, lui… Breton Tête de con ? Certainement Mais dans mes mots Il y a parfois de l’affection. Je vis un pays qui interdit la plage aux chevaux Qui sacralise ceux qui non pas été entendus Adieu mon Grall Adieu mon Glen Bardes buveurs qui seriez mis à l’écart ce jour L’on vous charterait L’on couperait vos barbes L’on vous empêcherait de fumer dans vos lieux d’échanges L’on ne vous interdirait plus de parler la langue presque perdue Non Mais l’on ôterait la substance et la nature du verbe Vous n’êtes plus que des rues, des places Noms sur des ’faïences ‘ Gravées là par « des artistes » Imposés à la populasse Qui n’y voit que du feu. Je vis dans un pays où Les marins avaient souvent ce regard fier Car ils regardaient au loin Battant pavillon haut Maintenant le pavillon que l’on a en vue C’est celui du voisin Dans des lotissements tristes à mourir Aux noms de féeries de pacotille 'Le domaine de la colline’ Là où le nom breton était : ‘le trou noir’ Ah ! La belle intelligence de ces bradeurs de trésors communs ! Et je vis là cependant Et vais me ressourcer au vent sucré du Ménez Hom Et je regarde la nuit tuer le jour en égorgement carmin C’est tragiquement beau Il y a là une démesure que vous ne réalisez sans doute pas Et c est tant mieux ! Si pour vous le Roch Trevezel n’est rien de plus qu’une pose photo Le temps d’un « Ah que c’est beau ! » Vous ne dérangerez pas ce qui sommeille là Et qui ne s’offre qu’avec pudeur mais sans retenue Qu’à ceux qui voient au-delà du rideau frémissant des apparences Une Bretagne qui ne meurt pas Mais qui migre Dans une autre dimension Sur les terrasses du temps Elle vous offrira un jour Mille arcs-en-ciel De sons et de couleurs De bruits et de fureurs Entrez m’sieurs dames Vous ne serez pas nombreux Car l’aventure de la vie ne s’offre qu’aux aventureux Qui osent Transgresser la raison du nombre Venez D’ici ou d’ailleurs Partager égoïstement ! Ce pays est pour vous Pour ceux qui, à travers la brume, Continuent de voir les étoiles Voir les étoiles ! Rien que ça Rien que ça. Hervé Le Long Novembre 2008